new

Marc LEOnard – Peintures & Dessins 

bio/textes

 

 

Bio de Léo

L’homme qui peint devant moi, qui tisse ses toiles et s’étoile au repos, il danse, il bouge, mouvemente l’inerte et gestue l’immobile. Pour le public qui ignore encore tout de l’existence de Marc Lion d’Art, nous allons tâcher de grosseproser un portrait fidèle.

Vie antérieure:

Marc Lion d’Art rencontra Saturne au bar du Carrefour d’Orion lors d’une halte pendant une excursion dans la voie Lactée. Au sortir du bar d’Orion, Marc Lion d’Art tomba dans un ruisseau de poussières célestes où il se débattit âprement et d’où il s’échappa après avoir frolé la noyade.

Aidé par De Vinci Leonard, il sortit du ruisseau avec une étincelle double empreinte sur l’âme. Il eut désormais la certitude de se réincarner par la médiation d’humains nommés Léon’art et le pressentiment de devoir appréhender l’eau pour toujours. Arrivé aux confins de la voie Lactée il passa la porte de la lumière du jour et naquit le 2 Soleil, mit le neuf et des poussières à Lyon, clinique Sainte Elisabeth.

Pour mémoire: personnalités ayant déjà mis le neuf sans les z’ans avec lézarts: Picasso, Pollock, de Staël, Lowry, Pasolini, Morrison, Dubuffet, Canetti…

Périodes et rencontres marquantes:

L’an où se mit le neuf sans soie, sans thé et des poussières, Marc Lion d’Art rencontre sur le chemin de l’école JEANNOT TELL LARON Guillaume des temps modernes. JTL est un adepte de la philosport et se fait remarquer de tous et de Marc Lion d’Art grâce à son indicible talent de bavartigeur de haut vol. Les relations de JTL et de Marc Lion d’Art vont se poursuivre éternellement malgré la fin tragique de JTL. Eternellement en effet, car de son excursion dans la voie lactée, Marc Lion d’Art a acquis les pouvoirs de fidélité et de relations intemporelles qui lui permettent tant de choses.

JEANNOT TEL LARON en met plein la vue à Marc Lion d’Art . Entre autres activités JTL creuse le sillon d’étoiles. Ceci inaugue la période portes ouvertes au “Pont 7”.

Dès lors, à son petit tour, Marc lion d’Art expeint et peinpose dans différentes galezons (lieux rares où il peut arriver qu’on prenne les casseroles pour des pots de peinture et les tubes de gouache pour du dentifrice, lieux en général éxigüs, sauf dans la banlieue lyonnaise où la galezon porte d’ailleurs un autre nom et s’appelle maisatelier).

L’activité de Marc Lion d’Art va connaître un regain de frénésie lors de sa rencontre avec Elisa sa petite loube au cours de laquelle, entendant son rugissement sauvage et suave de Morrisonien inconditionnel, elle craque comme une allumette sans souffre rance et sans avoir eu le temps de dire carotte.

L’an où se mit à nouveau le neuf sans soie, sans thé et des poussières, une nouvelle rencontre déterminante a lieu qui connaît son regain de frénésie à l’heure actuelle, celle de DOM JUAN JACQUO issou des Cayres et ami de TELL LARON. Peintoureur des sables et fabriquant de boucles de couleur d’oreilles DJJ est lui aussi un bavartigeur de haut vol. En Ardèche, il jardine l’étoile et orticolle les champignons sur des carrés de serre harpisés à la flûtaille

Tous les ans à Cimaize, DJJ et Marc Lion d’Art patatinent et patatent de peintoure et de patates. Et c’est ainsi qu’à l’aune de ce nouveau siècle où l’amure rime si intensément avec la peintour, nous souhaitons à Marc Lion d’Art le succès pour ses divers accrochages d’étoiles aux mûres dans les NGC*

                                                                                                                                 Bellou/Elisabeth CROMBECQUE

*NGC: nouvelles galezons capitales, Paris, New-York, Berlin, Glasgow ou Barcelone dont les portes sont aussi difficiles à passer que les passés sont durs à porter.

 

 

http://www.lironjeremy.com/lespasperdus/marc-leonard-cinematieres/

MARC LÉONARD, CINÉMATIÈRES

De son expérience professionnelle de géologue Per Kirkeby gardera un attachement exclusif au paysage, dans ce qu’il étend comme ce qui le compose strate à strate, et une grammaire de formes qui participe à la singularité qu’on lui connaît. De la même manière, il n’est pas indifférent que Marc Léonard soit monteur de métier avant ou à côté d’être peintre. Sans dire qu’il y ait comme une application des principes du montage cinématographique dans sa peinture, s’y donne à voir une certaine manière de considérer les images dans leurs rencontres, leurs juxtapositions, leurs frôlements et dans une dynamique narrative qui y renvoient sans cesse, de manière plus ou moins volontaire. Et si le geste participe dans les suggestions de l’aléatoire et l’expressivité à la montée des figures prises dans une dynamique palimpseste où les couches, les collages et déchirures, les essuyages forment un monde en ébullition tiraillé par les passions, des éléments de structure, format, cadres, bandes très souvent cloisonnent et compartimentent ces espaces mêlés comme autant de plans ou de photogrammes brassés par le chutier de la mémoire. Alors semble se jouer, tant dans les tableaux que dans leur chair même, à l’échelle du détail, une lutte entre deux pulsions, celles-là que Nietzsche articula dans son étude de la tragédie grecque antique, du dionysiaque et de l’apollinien. Cette beauté, si c’est cela que quête avec acharnement Marc Léonard, n’est pas sans affinités avec celles que postulent Baudelaire et Breton, bizarre et convulsive, toujours un peu désespérante aussi, non sans quelques proximités avec l’œuvre de Francis Bacon dans ses fascinations et ses dégoûts, sa manière quelquefois, comme Artaud en ses dessins, de  » forcener le subjectile « . La figure semble toujours en lutte contre la défiguration, l’idylle est toujours au bord d’être emportée par une sorte d’appétit de destruction fébrile et de déchirement comme le traquèrent Georges Bataille, André Masson et Picasso dans les années 30 notamment par la figure thérianthrope du minotaure à l’érotique violente. A l’image de certains peintre expressionnistes, de certaines explorations surréalistes, dans tout ce qui les forme et les altère – impuretés, déchirures, couleurs salies, rabattues, jusqu’à un certain malaise des compositions qui ne s’équilibrent, ne s’harmonisent, c’est-à-dire, ne s’apaisent jamais tout à fait – on pourrait considérer les tableaux de Marc Léonard comme relevant d’une peinture cathartique où l’automatisme dans ce qu’il livre d’inconscient, dans ce qui habite en sous-main l’esprit et le corps, dans les irruptions du hasard et des nécessités, s’arrange d’une grammaire primitive. Ça hurle et s’ébat, chavire et coulisse, ça jazz, s’emporte parfois, comme le vent tord en tourbillons vigoureux les arbres de Soutine, avec l’impétuosité, l’indocilité griffonneuse de Basquiat inscrivant nerveusement ses figures hybrides et stylisées, ses mots sauvages au rythme de la transe et du vaudou aux murs de la ville. Un animal passe parfois insinuer une trogne ou une figure enfantine étire son ombre, non sans dérision. Et c’est comme l’enfant qui lève la tête et considérant ce qu’il est advenu dans l’excitation graphique tire une ou deux figures subreptices, embraye sur un nouveau scénario. Les horizons se retournent, on croit croiser Bouvard et Pécuchet sur une scène de Beckett.

Image : exposition Marc Léonard, galerie 25 Capucins, Lyon, 2018. (c)25Capucins.
Le titre fait écho à un livre de Sébastien Rongier publié en 2015 chez Klincksiek.

 

 


Un éclairage

Il ne faut pas s’attendre à y voir quelque chose. Parce que ça émerge presque sans que vous ne le vouliez.

Ce qui est étrange dans la peinture de Léo, c’est justement cela, cette façon dont la pâte soudain, avec un réalisme quelquefois exacerbé vous emmène dans un comte qui s’efface aussi et presque immédiatement. Ses oeuvres ont beaucoup à voir avec ces rêves dont au réveil on ne se souvient presque pas mais qui marquent votre journée. Ce n’est pas tant dans la façon dont il tord le cou du réel pour en faire surgir la structure que l’impression s’ordonne, mais bien dans la conversation que le spectateur entretient alors avec la matière même de la toile ou du papier et de ce qui s’y repose ou s’y étend.

D’ailleurs, je pourrais dire qu’il ne s’agit pas de figures ou de séries, mais d’un seul discours, continu, au travers d’une multitude de cadres, de ces cadres qui apparaissent et s’imposent dans le corps même du tableau, non pour y définir un espace que l’on devrait considérer plus particulièrement, mais pour marquer par leur présence celle de l’auteur lui-même dont le regard, là s’est perdu, comme par hasard. Mais là ou ailleurs; il comme ce type qui cherche la vie sous un microscope, la plupart du temps il ne voit rien, qu’un peu de lumière qui s’étale, qu’une surface indéfinissable, et soudain, comme par hasard, la voici qui frétille avant de disparaître hors des limites de la vue, mais elle n’en demeure pas moins, quelque part à gauche, à droite ou Dieu sait où !

C’est ainsi ! Il ne faut pas s’attendre à y voir quelque chose. Mais à l’inverse du moustique piégé dans la résine depuis des millénaires, figé et qui dès lors dit tout de lui, hors son vol; si un objet, un être ou une chose, pour vous s’éclaire dans un tableau de Léo, il ne dira rien de lui, hors sa vie.

               

                                                                                                  Victor COHEN-HADRIA,2013

 

 

 


http://salon-litteraire.com/fr/derriere-la-salle-de-bain/review/1895784-marc-leonard-le-reveur-insomniaque

Marc Léonard le rêveur insomniaque

Au carrefour des oublis et de la mémoire (si infidèle) Marc Léonard réinvente les visages et le monde. Il trouve pour cela des solutions où tout ne concorde pas forcément. Parfois une horloge morose se remet en marche mais les heures que l’artiste aime n’y sont plus tout à fait. D’où ces suites de métamorphoses souvent énigmatiques même lorsqu’est peint un visage ou un corps. Le regardeur est touché par ces mystères sans être gavé de lourdeurs indigestes. Ne reste que l’essentiel. L’artiste aide à la la multiplication de croissants de lune pour torréfier les apparences. Il établit des liens qui soudent les créations à l’inconscient en proposant une poésie visuelle au tonus particulier : un côté masqué est là où l’image emporte les proportions admises en divers types de décalages. Tout reste entrevu dans une visualité de dissuasion. L’érotisme surgit de manière à en explorer une vision nouvelle hors de la joliesse comme de la laideur. Ce ne sont plus forcément les toisons sensuelles qui rendent les oiselles belles. Et les affinités possiblement électives demeurent des spéculations tant l’œuvre est fluide comme la nuit, pâteuse comme la dormeur, lourde-légère comme l’insomniaque rêveur.  Elle crée un envoutement mais aussi une interrogation. Plutôt que de procurer de ces satisfactions superficielles qui laissent si peu de souvenirs, le travail accroche le regard par des mises à nu où est sauvegardé l’essentiel : une pudeur secrète. La peinture ouvre à une brume essentielle : c’est la manière de montrer qu’il y a moins de limite à rien que de fin à tout et qu’il est impossible de quitter cette terre sans penser à la mort mais aussi à la vie. Le tout entre douceur et torture. Marc Leonard est donc un artiste métaphysique mais qui n’oublie jamais le réel.  Une bonne âme peut y repriser un pantalon. On imagine encore celle-là belle ou énigmatique. Mais l’artiste n’en montre pas plus : il ne se veut pas expert en jeux ou en marivaudages. Il refuse autant la réalité objective que le hasard factice.

                                                                                                                                                             Jean-Paul Gavard-Perret

Marc Léonard, « Pickpocket », Editions Derrière la Sale de bain, Rouen